Dossier DEEE

 

 

Introduction

Les DEEE en "2 mots "

Pourquoi une nouvelle filière déchets sur les déchets électroniques et electriques (DEEE)?

Les grands principes de la mise en place de la filière

Les enjeux et demandes de FNE

Rôle des associations au niveau local

Réglementation

Pour plus d'informations

 

 

 

DEEE

 

Introduction

Dés le 15 novembre 2006, nous allons devoir trier, réutiliser, recycler et valoriser nos déchets électriques et électroniques.

Le 13 août 2005 le Décret des Déchets d'Equipements Electriques et Electroniques (DEEE), du 20 juillet 2005, est entré en application. L'été 2006, le Ministère à choisi de lancer officiellement la filière le 15 novembre.

Cette nouvelle filière se traduira par la mise en place de collectes sélectives de nos déchets électriques et électroniques. Nous devrons arriver en 2007 à une collecte d’au moins 4 kg/hab/an, qui devra se poursuivre par la dépollution, le recyclage et la valorisation élevée des composants de ces appareils.

L'enjeu réel de cette filière, pour nos associations, sera d'arriver au changement de nos modes de production et de consommation des équipements électriques et électroniques.
Les associations auront un rôle important à jouer pour promouvoir et inciter les moyens qui permettront ces changements.

 

 

Les DEEE en "2 mots "

Les EEE (équipements électriques et électroniques) sont des équipements qui fonctionnement grâce à des courants électriques ou à des champs électromagnétiques, on y trouve par exemple, les frigidaires, les téléphones portables, les ordinateurs, etc. Beaucoup de DEEE contiennent des composants dangereux (métaux lourds, retardateurs de flamme, poudres toxiques, CFC …) qu'il faut gérer convenablement.

 

Pour gérer les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) des ménages, on distingue 5 familles :

Ecrans (de télévision, d'ordinateurs)
GEM F : Gros Electroménager Froids (Frigidaire, congélateur, climatiseur … ) ;
GEM HF - Gros Electroménager Hors Froids (Lave-linge, magnétoscope, HI-Fi …)
PAM - Petits Appareils en Mélange - (sèche cheveux, tondeuses, robots de cuisine, jouets, téléphones portables …
Lampe base consommation (tube néon, lampe base consommation)

 

 

Pourquoi une nouvelle filière déchets sur les déchets électroniques et electriques (DEEE)?

Il y a urgence à réduire les flux de DEEE à gérer et à éliminer.

On estime la production de DEEE à 1,7 millions de tonnes, la moitié provenant les ménages, soit 15 kg par habitant et par an, avec une croissance de 3 à 5% par an, et l’autre des professionnels.

La forte croissance des DEEE s'explique entre autres, par le développement des multimédias … et cela ne fait que commencer : fort développement des agendas électroniques, Ipood, téléphones portables à renouvellement très rapide, appareils électroménagers à durée de vie de plus en plus courte…

De plus, beaucoup de DEEE contiennent des composants dangereux (métaux lourds, retardateurs de flamme, poudres toxiques, CFC …) qu'il faut gérer convenablement car on ne peut plus décemment les envoyer en décharge ou incinérateur comme c'est le cas aujourd'hui.

Nos représentants européens ont donc bien pris conscience de ces constats et de l'urgence qu'il y à réduire ces flux et à mieux les gérer. Ainsi deux directives DEEE ont vu le jour le 27 janvier 2003.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les grands principes de la mise en place de la filière

 

     

    La réduction des flux de DEEE, l'éco-conception en vue de leur réutilisation, recyclage et valorisation

    • Il est dit que la directive " a pour objectif prioritaire la prévention [des DEEE] et, en outre, leur réutilisation, leur recyclage et les autres formes de valorisation […] de manière à réduire la quantité de déchets à éliminer. "
    • Elle demande que" Les Etats membres encouragent la conception et la production [d'EEE] qui tiennent compte de leur démantèlement et de leur valorisation et facilitent, en particulier, la réutilisation et le recyclage des DEEE… ".
    • et également qu'ils : " …donnent la priorité à la réutilisation des appareils entiers. "
    • la notion de responsabilité individuelle des producteurs, présentée à l'article 8 de la directive, va également dans ce sens . Cependant ce principe n'a pas été repris par le décret français.Voir les critiques de FNE face à la transposition de ce décret
    • La collecte sélective des DEEE

    • Les DEEE devront être collectés séparément des autres déchets, un objectif de 4kg/hab pour 2008 est fixé par la directive;
    • Les producteurs veillent à collecter, ou faire collecter, sélectivement les DEEE des ménages ; des systèmes peuvent être adaptés pour les professionnels (via les contrats de vente) ;
    • Les distributeurs devront récupérer les DEEE, les mêmes produits que ceux qu'ils vendent et sur une quantité correspondant à celle vendue.

      Le traitement et la valorisation des DEEE

    • Pour certains composants (ex : condensateurs au PCB, cartes de circuits imprimés, lampes à décharge…) et substances dites dangereuses (ex : mercure, CFC…), un traitement sélectif devra être systématique effectué.
    • La valorisation et particulièrement le recyclage devront être effectués sur les déchets collectés sélectivement. Des taux de recyclage (en moyenne 75% des équipements) et de valorisation précis devront être atteints avant fin déc 2006 !

      La responsabilité des producteurs

    • il incombe aux producteurs de financer les surs-coûts liés à la collecte sélectives des DEEE des ménages, seuls ou via des organismes coordonnateurs (agréés par le MEDD).
    • les producteurs sont tenus d'enlever et d'éliminer (traiter et valoriser) les déchets collectés sélectivement. Pour cela ils peuvent faire appel à un éco-organisme agréé ou en se faisant agréer individuellement.
    • ils ont l'obligation de financer la gestion des DEEE, sur la base de leur mis sur le marché de l'année en cours (ceci est une particularité française qui transpose plus ou moins bien le texte européen).

      La contribution visible (Coûts des DEEE affichés sur les produits)

    • Le décret a choisi de rendre obligatoire, jusqu'en 2011, l'affichage sur tous les DEEE de la contribution environnementale servant à gérer les DEEE. Mais la directive indique qu'au de-là ce marquage sera impossible.

      Contrôle et suivi de la filière

    • Pour les contrôles et le suivi un registre de producteurs sera mis en place et géré par l'ADEME.

 

 

 

 

 

 

 

Les enjeux et demandes de FNE

Autour de la mise en place de cette filière, naturellement, les entreprises sont tenter de profiter de cette nouvelle manne économique. Les pouvoirs publics et la société civile devront être attentif à ce que les objectifs de base - la protection de l'environnement - soient bien respectés.
C'est pour cela que FNE répétera autant que cela sera possible les objectifs et enjeux de base de cette filière pour ne pas se tromper de route …

A - Les enjeux de la filière DEEE :

 

maîtriser et réduire le flux de DEEE;
diminuer la toxicité de ces déchets et améliorer leur gestion;
vieiller à une réelle transparence de cette filière et à la participation des citoyens;
optimiser le système de gestion (information, collecte, transport, recyclage, traitement)

 

Pour atteindre ces objectifs des axes sont essentiels à développer

1 - Eco-conception des produits

2 - Réutilisation et réparation

3 - Transparence et participation des citoyens à la filière

4 - Optimiser le système de gestion des DEEE

 

 

 

1 - Eco-conception des produits

Un des enjeux des DEEE est le développement de l'éco-conception des produits pour mettre sur le marché des produits moins toxiques, à durée de vie plus longue, plus facilement réparables et démontables …

2 - Réutilisation et réparation

La réutilisation des DEEE est considérée dans les textes réglementaires comme prioritaire aux autres modes de traitement. Cela ne doit pas rester inappliqué. Il faut que la filière DEEE favorise la réparation et réutilisation. Pour cela, de nouveaux modes de financements et campagnes de communication doivent être intégrés dans les filières DEEE. La contribution des consommateurs et des producteurs (REC/REP) devra financer dans une proportion digne de ce nom cette filière, et il faudra travailler main dans la main avec les entreprises d'insertion et d'économie solidaire.

Cette filière est une opportunité pour modifier nos modes de production et de consommation d'équipements électriques et électroniques. Notre société doit saisir cette chance et non s'arrêter à de simple discours. La réparation, réutilisation ainsi que le critère de durée de vie de produits doivent être valorisés, encouragés et développés.

Propositions de FNE :

  • Mettre en place un affichage officiel de la durée de vie des produits ;
  • Demander une réduction de la TVA (5.5%) sur la main d'œuvre de réparation;
  • Demander un barème de contribution pour les producteurs qui soit différencié selon la mise sur le marché de produits plus ou moins respectueux de l'environnement et de l'esprit des directives DEEE;
  • Favoriser les systèmes de location (incite à la production de produits plus solides, et diminue les flux de produits) ;
  • Mettre en place des systèmes de crédit à taux 0 pour les familles à faibles revenus pour les aider à acquérir des appareils électroménagers plus solides, à durée de vie plus longue.
  • 3 - Transparence et participation des citoyens à la filière
    Cette filière concerne, entre autres, des déchets ménagers.Il est donc essentiel que la transparence soit faite sur les flux financiers (qui sont à la base ceux des consommateurs) et les aspects techniques de la filière (protection de notre environnement au sens large du terme). L'avis des consommateurs et des protecteurs de l'environnement est également essentiel pour maintenir un équilibre entre les contributions financières et les contraintes techniques, dont le calcul ne doit pas être laissé aux seules mains des producteurs et des pouvoirs publics.
    FNE demande la mise en place d'une commission d'information et de participation des DEEE, afin d'assurer les principes de transparence et de participation des citoyens (via leur associations de représentants), dans laquelle les demandes d'agrément de l'organisme coordonnateur et des éco-organismes seront discutées. La société civile demande à participer à ces travaux qui seront déterminants dans la mise en place de la filière.

    4 - Optimiser le système de gestion des DEEE

    Pour diminuer les impacts sur l'environnement et maîtriser les coûts de gestion des DEEE, un des enjeux sera " l'optimisation " de la filière. Celle-ci passera par la mise en commun et la coordination des moyens d'information, de collecte et de traitement, de tous les acteurs de la filière (organisme coordonnateur, Eco-organismes, producteurs individuels, collectivités et distributeurs…). Il faut éviter la multiplication de moyens propres à chaque " groupe " de producteurs et d'acteurs.
    Enjeux de la Collecte : assurer un maillage national et un bon taux de collecte (au minimum 4kg/hab), optimiser les collectes (pour éviter l'augmentation des flux de camions).

    Enjeux du traitement des DEEE: veiller au respect de la réglementation ICPE pour les sites de traitement (éviter des " zimaval " ou autre " métal blanc " de DEEE) - atteindre les objectifs de recyclage imposés par la directive, développer les débouchés des matériaux recyclés ;

    Enjeux de la logistique, du transport : optimisation nécessaire pour limiter les transports et les coûts. Le transport alternatif au 'tout routier' devra être fortement développé, (certains modes de traitements seront limités sur le territoire (ex : traitement CFC des équipements de froids), les déchets auront des distances importantes à parcourir).

    Enjeux de l'information : optimiser, au niveau de tous les acteurs de la filière, les moyens de communication, afin d'informer les citoyens et les professionnels sur leur devoir et les moyens dont ils disposeront pour y répondre (pour ne pas reproduire le début chaotique du système des piles).

     

B - Quelles sont les critiques de FNE face à la transposition du décret ?

La directive indique que " chaque producteur est responsable du financement des opérations [de collecte et de traitement] concernant les déchets provenant de ses propres produits ". Cette notion de responsabilité individuelle vise à la mise sur le marché, par les producteurs, de produits qui seront plus faciles à traiter, et plus particulièrement (hiérarchie européenne oblige) à réutiliser et à recycler, grâce à une éco-conception (qui permet de faciliter le remplacement et le démontage de pièces par exemple).
FNE s'est battue pour faire respecter cette notion, mais n'a jamais était entendue, le décret n'aborde pas du tout ce sujet ! (FNE prévoit de poser une question parlementaire pour éclaircir ce point)

C -Ne pas oublier les CFC (fluides frigorigènes)

Le règlement européen de 2000 s'applique en France depuis janvier 2002, ne nécessitant pas de transposition pour être applicable.
Ainsi, depuis 2002, la France est hors la loi car aucune usine de traitement des CFC (contenu dans les liquides et mousses de réfrigérateur) n'existe.
Les professionnels ont annoncé que 6 usines seraient prochainement installées, à suivre …
FNE demande que les fluides frigorigènes (CFC) des appareils de froid soient réellement traités pour enfin répondre à la réglementation européenne. (prévoir des installations accessibles par les modes de transports ferroviaire ou/et fluvial).

 

 

D - Documents à télécharger sur le positionnement de FNE

  • Intervention de FNE lors des 8ème Assises de la Baule 2005 [Télécharger en format pdf]
  • Dossier DEEE de la Lettre déchets septembre 2005 : à venir
  • Communiqué de presse [Télécharger en format pdf]
 

 

Rôle des associations au niveau local

 

Quels rôles les associations ont et auront à jouer dans cette filière ? Comment agir afin d'amener ce système à ses objectifs initiaux ?
Il a fallu 10 ans pour que la collecte sélective des emballages soit répandue sur tout le territoire. A nous, associations, d'agir pour que la filière soit mise en place rapidement sur nos territoires, et qu'elle ne fasse pas des citoyens de simples Shadoks du tri des DEEE. Voici quelques propositions d'actions pour nos associations.

Pour la mise en place de la filière :

  • Rencontrer les acteurs locaux pour connaître leurs actions afin de répondre à la réglementation des DEE
  • Demander à sa collectivité (ville ou EPCI) ce qu'elle prévoit de mettre en place pour les DEEE
  • Demander à ses magasins vendant des équipements électroniques ce qu'ils vont mettre en place pour répondre à leur obligation de récupération des DEEE (selon le principe 1 pour 1)
  • Travailler avec les acteurs locaux pour le développement des activités de réparation (artisans, ressourceries, activités solidaires…) et de réutilisation (promotion des objets de seconde main, promotion des troques et puces, des systèmes d'échanges comme les bourses locales d'échange (ex bourse locale par internet …)
  • Proposer vos approches et compétences associative pour la mise en place de la communication concernant les DEEE (pourquoi jeter différemment ses DEEE, comment bien les trier, où les déposer, etc…)
  • Remonter les informations (positives ou négatives) locales auprès de votre fédération départementale, régionale et nationale (FNE) afin de permettre une vision nationale de ce qui se passe au niveau local …
  • Dans un second temps, lorsque les filières seront mises en place, les associations pourront suivre, accompagner et veiller à la bonne mise en place des systèmes.
 

 

Réglementation

La filière des DEEE est principalement régie par :

deux directives européennes ;
un règlement européen sur les CFC ;
un décret français DEEE ;

 

Deux directives européennes ont vu le jour le 27 janvier 2003 :

  • Directive 2002/95/CE relative à la limitation de l'utilisation de certaines substances dangereuses dans les équipements électriques et électroniques [Télécharger en format pdf]
  • Directive 2002/96/CE relative aux déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) [Télécharger en format pdf]

Le Règlement (CE) N°2037/2000 du 29 juin 2000 relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone [Télécharger en format pdf]
Ce texte impose, entre autres, de récupérer les fluides frigorigènes (que l'on trouve par exemple dans les réfrigérateurs et congélateurs). Actuellement, seules quelques associations d'insertion (ex : Envie et Emmaüs) récupèrent UNE partie de ces gaz. Cette réglementation n'est pas encore appliquée.

Le décret français n°2005-829 qui a été publié le 20 juillet 2005. Sa mise en application aurait dû entrer en vigueur le 13 août dernier (2005).
[Télécharger en format pdf]

 

 

 

 

Pour plus d'informations

 

 

Présentation Powerpoint présentant, rapidement la filière DEEE, et les enjeux pour les associations

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