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Dossier
: Incinération
Positionnement
de France Nature Environnement
sur la gestion des déchets et l'incinération
Le déchets
le moins polluant étant celui qu'on ne produit pas, nos efforts
doivent aller d'abord vers la prévention et la réduction
des déchets, ainsi FNE l'a rappelé dans son livre
blanc publié à l'occasion du Congrès d'Orléans
en Février 2001.
Mais il ne faut pas rêver : notre société de consommation
ne va pas arriver de sitôt au ZERO DECHETS. Il faut donc gérer
ce problème en développant les collectes sélectives
(ne pas mélanger les divers types de déchets), pour pouvoir
d'une part, valoriser le "propre et sec" (verre, métaux,
papiers, cartons, plastiques), d'autre part composter la fraction organique
"fermentescible". Il faut prendre également soin d'écarter
les déchets toxiques (déchets ménagers spéciaux,
solvants, piles, déchets d'activité des soins, etc
),
pour ne pas obérer la phase finale de traitement des déchets
restants. Ces mesures, réalisées avec la participation
des citoyens, permettent de réduire de deux tiers la quantité
de déchets, et il faut alors décider ce qu'on fait de
cette "poubelle résiduelle" : incinération ou
enfouissement en CET.
Dans la plupart des cas, nous sommes favorables à l'enfouissement
dans la mesure où les CET présentent les garanties imposées
par la réglementation : étanchéité, récupération
des lixiviats, etc
En effet, ces "déchets ultimes"
comportent peu de risques de polluer les sols ou les nappes phréatiques
puisqu'ils ont été débarrassés des toxiques.
Il y a également peu de risques de dégagement de méthane
à effet de serre (biogaz), puisque la fraction fermentescible
a été valorisée par ailleurs.
Pourquoi
refuser l'incinération ?
1-
Les risques pour la santé:
Après les scandales liés aux pollutions par les incinérateurs
"hors normes" de petite capacité, on essaye de vous
faire croire que les "nouveaux" incinérateurs ne
génèrent aucune pollution et sont tout à fait
sûrs. FNE rejette ces affirmations pour plusieurs raisons :
- Les
ordures étant par définition de composition très
variable, les gaz brûlés ou rejetés le seront
également, et les rejets réels ne peuvent donc être
mesurés valablement par quelques analyses ponctuelles ;
- Les nouveaux incinérateurs ont des capacités de plus
en plus grandes (100 tonnes / heures à Ivry en Iles de France)
et, même avec des concentrations faibles, les quantités
absolues de polluants deviennent très élevés
(n'oublions pas qu'une tonne de déchets donne environ 5500
m3 de fumées
). Par exemple, l'unité toute récente
de Toulon dans le var rejette 137 kg/an de mercure et cadmium, tous
deux très toxiques, ce qui n'est pas du tout négligeable
; de même, on a trouvé une contamination du raisin de
muscat par la cadmium autour de l'incinérateur de Lunel dans
l'Hérault. Enfin, que signifient ces "normes" quand
on sait qu'il existe un facteur 1000 entre la dose journalière
admissible de dioxines préconisées par l'EPA aux Etats-Unis
et celle admise par l'OMS
Les
incinérateurs même les plus modernes présentent
donc toujours des risques pour la santé, du fait des polluants
disséminés à la fois par les fumées dans
l'air, par les eaux de lavage dans les cours d'eau et par les mâchefers
dans les sols.
2-
Les effets pervers des incinérateurs
Contrairement à ce qui est beaucoup dit, les valorisations
matières et énergie sont rarement complémentaires,
et les unités d'incinération ne favorisent pas la collecte
sélective et les filières de valorisation matières,
recyclage et compostage. Ceci est dû à l'effet "aspirateur
à déchets" de ces unités doivent en recevoir
des quantités importantes pour être rentables.
En outre, l'efficacité énergétique réelle
de ces unités est discutable. FNE estime que la production
d'électricité est rarement justifiée, compte
tenu de la lourdeur et de la cherté des équipements
supplémentaires et des frais d'exploitation qu'elle impose.
La production de chaleur, avec consommation à proximité,
est une solution préférable.
En conclusion
FNE
estime que, excepté pour quelques grandes agglomération
urbaines à forte densité de population où il
est difficile de trouver à distance raisonnable les espaces
nécessaires pour un CET, la valorisation dite énergétique
des déchets (terme que nous avons toujours contesté)
est mal adapté à la France et à son tissu de
villes moyennes.
Devons-nous pour autant réclamer un moratoire absolu
sur la construction de tout nouvel incinérateur ? Au nom du
principe de précaution, la réponse est certainement
oui. Au nom du réalisme, on peut être plus nuancé
en acceptant l'incinération pour quelques cas exceptionnels
de grandes villes
CET
: Centre d'Enfouissement Technique
EPA : Environmental Protection Agency
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
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