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POUR
UN RENFORCEMENT DE LA LOI LITTORAL
AU PROFIT DES GENERATIONS FUTURES
Actuellement des lobbies et des parlementaires voudraient revoir la
Loi Littoral, en soutenant qu'elle a constitué un frein au développement.
Pourtant,
un constat unanime a été dressé par l'Assemblée
nationale, le Sénat, la DATAR, l'OCDE, l'INSEE et par l'IFEN
: la loi Littoral du 3 janvier 1986 n'a pas fait obstacle à une
urbanisation du littoral, tout au plus a-t-elle en partie freiné
cette urbanisation.
Au contraire,
l'équilibre initialement envisagé entre l'aménagement,
la mise en valeur et la protection du littoral par la loi du 3 janvier
1986 apparaît davantage rompu au profit des aménageurs.
Concernant les activités traditionnelles, la loi Littoral n'a
jamais empêché l'extension d'un port de pêche ou
nuit à l'agriculture : au contraire, en luttant là contre
la spéculation foncière, elle permet d'aider à
maintenir les agriculteurs sur leurs exploitations.
La forte
attractivité du littoral en termes résidentiel et de loisirs
doit plutôt conduire à un usage économe des espaces,
comme la reconversion à la plaisance des anciennes zones industrialo-portuaires,
et à préférer la création de ports de plaisance
à sec. L'urbanisation doit y être maîtrisée
et orientée prioritairement vers l'espace intérieur, en
amont des communes riveraines de la mer. Elle doit aussi viser à
maintenir sur ces territoires des populations et des activités
diversifiées, principes encore applicables à l'échelon
régional et européen, car l'impérieuse proximité
de la mer sert souvent d'alibi pour résider, pour produire et
pour se divertir.
Fort de
ce constat, la logique devrait conduire au renforcement de la loi sur
le littoral. Les parlementaires en cause entendent au contraire proposer
une libéralisation législative, pour permettre une mise
en valeur par le béton. C'est là une contradiction de
vouloir urbaniser encore plus le littoral, en diminuant son attractivité
pour le public, laquelle se caractérise par des rivages encore
naturels et épargnés par la construction.
Ces parlementaires
voudraient aussi museler la vie associative, qui est curieusement écartée
du conseil national du littoral. Ce même souci participerait de
la volonté de réduire les moyens d'intervention du Conservatoire
du littoral, auquel le gouvernement a concédé une obole
de 8 millions d'€uros en 2004. Cela ne résout aucunement
la pérennité du financement de la protection du littoral,
dont une contribution notable devrait être assurée par
l'immobilier, afin de décourager la spéculation.
Au contraire,
il faut récompenser la vertu des communes protectrices par un
apport financier supplémentaire au niveau de la dotation de solidarité
rurale, venant compenser une exonération sur le foncier non bâti
des zones naturelles pour les propriétaires. Il convient enfin
au Conservatoire du littoral de racheter déjà les propriétés
foncièrement stratégique ou à forts enjeux écologiques
à un prix convenable pour ces propriétaires, tout comme
il faut inciter les grandes institutions financières qui ont,
par le passé, investi en Corse, à céder, sous forme
de dation en paiement par exemple, leurs terrains au Conservatoire du
littoral.
Au contraire,
il faut récompenser la vertu des communes protectrices par un
apport financier supplémentaire au niveau de la dotation de solidarité
rurale, venant compenser une exonération sur le foncier non bâti
des zones naturelles pour les propriétaires. Il convient enfin
au Conservatoire du littoral de racheter ces propriétés
à un prix convenable pour ces propriétaires, tout comme
il faut inciter les grandes institutions financières à
céder leurs terrains au Conservatoire en Corse.
FNE n'est
pas contre des dispositions qui facilitent les aménagements du
littoral pour l'accueil du public ou l'exercice des activités
de pêche et d'agriculture traditionnelles, à condition
qu'elles soient naturellement strictement encadrées. FNE estime
ainsi que le décret édicté le 29 mars 2004 relatif
aux activités dans les espaces remarquables ne remet pas en cause
le principe même de leur protection. De même, par exemple,
FNE ne s'oppose pas à une modification de la loi, afin de reconstruire
à l'identique après sinistre des constructions sur le
littoral, si elles sont légales.
En
guise de conclusion, FNE est contre :
-
le transfert total des compétences aux collectivités
locales, y compris en Corse, pour déterminer les zones urbanisables,
afin de s'affranchir de la loi Littoral ;
- la remise en cause des grandes règles de protection du
littoral édictée par la loi du 3 janvier 1986 (notamment
: inconstructibilité de la bande des 100 mètres, extension
limitée de l'urbanisation dans les espaces proches du rivage,
protection stricte des espaces remarquables, urbanisation en continuité
à partir des bourgs, villes et villages) ;
- la réduction des moyens d'actions, déjà insuffisants,
du Conservatoire du littoral, et leur emploi à la réalisation
d'aménagements nouveaux permettant une fréquentation
supplémentaire de ces espaces au lieu de canaliser la fréquentation
existante ;
- les mesures visant à restreindre l'accès à
la justice des associations pour éviter le recours au juge,
dernier rempart pour faire respecter la loi.
Par
contre, FNE propose notamment :
-
que le contrôle de légalité des collectivités
locales par les préfets soit effectif et fasse l'objet d'un
rapport public annuel permettant d'en évaluer l'efficacité,
afin de garantir le respect de la loi littoral ;
- que les recettes du Conservatoire du littoral soient notamment
pérennisées par une taxe assise sur les permis de
construire délivrés sur les communes du littoral ;
- que les compétences du Conservatoire du littoral soient
étendues aux cantons du littoral ;
- que les communes des cantons littoraux qui classent non urbanisable
leur territoire soient aidées par des dotations spécifiques
de l'Etat (dotation de solidarité rurale, dotation globale
d'équipement) ;
- que les terrains classés non urbanisables au titre des
espaces remarquables soient exonérés de taxe foncière
sur les propriétés non bâties ;
- que la Corse, très retard, soit aidée à réaliser
son sentier du littoral ;
- que le gouvernement édicte le décret relatif aux
concessions de plage, afin de moraliser les contrats d'occupation
du domaine public passés par les plagistes et d'imposer le
démontage des " paillotes " à la fin de
chaque saison ;
- que le décret qui étend le champ d'application de
la loi Littoral aux communes qui en font la demande soit enfin édicté.
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