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Fiche d'identité de la Mission Montagne
- Rappel succinct des objectifs de la Mission
- Activités de la mission en 2004
- Résultats obtenus
- Perspectives pour 2005
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Fiche
d'identité de la Mission Montagne
Pilote
: Marc Maillet
Date
de création : 1995
Contact
:
France Nature Environnement
Mission montagne
41, avenue du Mal Foch
66000 Perpignan
Tel : 04 68 34 98 26
Fax : 04 68 34 61 80
Email : marc.maillet@wanadoo.fr
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Rappel
succinct des objectifs de la Mission
- Coordination souple des représentations associatives dans
les Comités de Massif,
- Suivi des travaux du Conseil National de la Montagne et de sa Commission
permanente,
- Suivi juridique et législatif de la loi Montagne,
- Initiatives dans le cadre de la mise en uvre d'un développement
durable en liaison avec les autres secteurs ou réseaux (tourisme,
agriculture, nature).
Activités de la mission en 2004
Le
conseil national de la montagne
Celui-ci
ne s'est pas réuni en 2004 et la commission permanente s'est
mise en veilleuse. Les parlementaires de la montagne ont mis tout
leur savoir-faire dans le projet de loi intitulé " Développement
des Territoires ruraux " et ne souhaitaient pas être perturbés
par les autres préoccupations, notamment celles qui contestaient
cette opportunité législative.
Le
suivi législatif
Il
a été très préoccupant cette année
encore puisque le nombre de "véhicules législatifs
" pouvant permettre de porter atteinte aux principes de la loi
Montagne n'est plus prévisible.
Tout
d'abord, il y a eu les nouveaux décrets portant sur
la délimitation des massifs et sur la composition et le fonctionnement
des comités de massifs.
Le
massif des Alpes a été réuni en une seule entité.
Le fonctionnement des comités est toujours sous le contrôle
des élus (50 % des membres), même si ceux-ci perdent
leurs assises montagnardes (en cause le mode de scrutin pour les élections
régionales). Deux autres collèges siègent dans
ces comités, d'une part les socioprofessionnels, d'autre part
celui des associations de tourisme, pêche, chasse et protection
de la nature auxquelles s'ajoutent les personnes qualifiées.
Le résultat des courses pour les associations de protection
de la nature est modeste : leurs représentants passent de 1
à 2, parfois 3. Dans les Alpes et les Pyrénées,
elles sont parvenues à être représentées
dans les commissions permanentes et aux commissions spécialisées
des UTN. Mais la coordination inter-massifs de ces représentants
demeure toujours épisodique. L'Association nationale des élus
de la montagne n'a pas ce genre de problème.
Mais
l'année a surtout été marquée par le projet
de loi fourre-tout sur le " Développement des territoires
ruraux " (DTR). On notera que l'adjectif durable ne semble
pas coller à ces territoires. Par contre le volet montagne
se double du qualitatif équitable !
Ce
projet aujourd'hui devenu loi illustre bien les " incantations
" législatives dénoncées par le Président
du Conseil constitutionnel, du type " la République
française reconnaît la montagne comme un ensemble de
territoires dont le développement équitable et durable
constitue un objectif d'intérêt national en raison de
leur rôle économique, social, environnemental, paysager,
sanitaire, culturel. Le développement équitable et durable
de la montagne s'entend comme une dynamique de progrès initiée,
portée et maîtrisée par les populations de montagne
et appuyée par la collectivité nationale, qui doit permettre
à ces territoires d'accéder à des niveaux de
conditions de vie comparables à ceux des autres régions
et offrir à la collectivité des services, produits,
espaces, ressources naturelles de haute qualité. Elle doit
permettre également à la société montagnarde
d'évoluer sans rupture brutale avec son passé et ses
traditions en conservant et en renouvelant sa culture et son identité
etc
etc. ". (art. 62 de la loi DTR).
Le projet de loi prévoyait 76 articles, après plus d'un
an de navettes parlementaires il en comprend 240 ! Et il doit être
considéré comme le projet le plus régressif en
matière de protection de la nature depuis fort longtemps. Les
volets chasse, Natura 2000 et montagne ont mobilisé le ban
et l'arrière ban des parlementaires hostiles à tout
raisonnement écologique.
La
sémantique n'est, par exemple, pas innocente lorsque le projet
de loi remanie complètement la procédure des remembrements
agricoles en faisant disparaître de tous les codes le terme
" remembrement " pour lui substituer celui plus politiquement
correct et doucereux " d'aménagement foncier agricole
et forestier ".
Le
volet montagne n'a été bien entendu ni équitable
ni durable. Après les lois SRU et Habitat et construction,
il fait encore la part belle à l'urbanisme, la seule valeur
sûre apparemment pour le développement des montagnes.
C'est ainsi que la définition, les seuils et les procédures
sont " allégées " pour les unités touristiques
nouvelles dont les dossiers seront quasiment instruits au niveau du
département, et le plus souvent au niveau communal moyennant
l'existence d'un PLU ou d'une carte communale. Il s'agit d'une nouvelle
fuite en avant, notamment pour permettre la floraison de résidences
de loisirs en zone dite de revitalisation rurale, résidences
bénéficiant d'avantages fiscaux et de récupération
de TVA.
C'est ainsi que l'article L 145-5 du code de l'urbanisme a été
une nouvelle fois réécrit pour permettre des exceptions
pour l'urbanisation des rives des parties naturelles des plans d'eau.
C'est ainsi que l'article L 145-7 a été remanié
pour permettre, encore une fois, de porter atteinte à la continuité
urbaine en montagne (art. L 145-3) si le comité de massif le
souhaite.
C'est encore l'article L 111-1-4 qui a été assoupli
pour déroger " en fonction des spécificités
locales " aux marges de recul le long des voies à grande
circulation
La
question des prédateurs
Après
l'autorisation des tirs aux loups, une nouvelle tentative anti-prédateurs
a été glissée dans le projet de loi DTR pour
délimiter des zones d'exclusion des grands prédateurs.
Finalement cet amendement n'a pas été retenu, mais tout
est bon pour déclarer la guerre à la grande faune sauvage.
La
mort de Cannelle, dernière ourse de souche pyrénéenne,
abattue par un chasseur dans la vallée d'Aspe a été
un choc dans l'opinion publique. De nombreux commentaires dans la
presse internationale ont souligné les incohérences
de la France, donneuse de leçons en matière de protection
des espèces. Sur le terrain, les élus anti-ours ont
senti le vent de la balle : le député Jean Lassale avoue
avoir reçu 6 000 lettres, guère aimables.
N'empêche
qu'aujourd'hui l'Institution patrimoniale du Haut Béarn, les
conseils généraux d'Ariège et des Pyrénées-Atlantiques,
les élus de l'ANEM s'opposent sous toutes sortes de prétextes
au renforcement de la population d'ours bruns. Ils vont tenter de
saboter le plan gouvernemental mis en place par M. le Ministre de
l'Ecologie.
Ces
mêmes opposants et leurs supporters des syndicats agricoles
n'ont pas du tout fait de forcing pour permettre aux revendications
de la filière pastorale d'aboutir dans le fameux projet de
loi DTR. Les propositions du groupe de travail interministériel
sur le pastoralisme n'ont guère retenu l'attention de ceux
qui surfent avec le grand méchant loup mais qui se moquent
pas mal du retour des bergers dans les estives.
FNE
doit continuer, avec ses nombreux partenaires, notamment les éleveurs
favorables à la cohabitation avec la grande faune sauvage,
à promouvoir le retour du lynx, du loup et de l'ours dans les
montagnes françaises.
Résultats
obtenus
- Au
niveau de la veille législative, il a été
difficile à FNE de construire un suivi de la loi DTR, du fait
qu'elle touchait tous les réseaux, et il faudra préalablement
désigner un chef de file pour ce type de loi. Le libre service
inter-réseaux n'est pas à la hauteur de certains enjeux
politiques. Dans la dernière ligne droite l'expression commune
de FNE, LPO et WWF contre les amendements parlementaires les plus
rétrogrades en matière de protection de la nature ont
sans doute permis quelques reculs. Sur le volet montagne certaines
dénonciations ont été efficaces. On évite
ainsi une nouvelle modification du code de l'urbanisme visant à
retarder indéfiniment la révision des plans d'urbanisme.
On évite aussi la taxation sur l'ensemble des " pratiques
nordiques ". Mais les fonctionnaires et journalistes les plus
au fait savent que la loi de 1985 relative au développement
et à la protection de la montagne est morte. Il ne reste que
des clientèles à entretenir. (voir Claudine Zysberg
in CFDT Magazine, Richard de Vendeuil in L'Express).
- Au niveau de l'information, la mission a alimenté
régulièrement la réflexion et le site Internet
de FNE en publiant notamment un numéro spécial montagne
de la Lettre du Hérisson (n° 212 juillet 2004). Ce numéro
n'a pu être imprimé faute de moyens financiers et n'est
disponible que sur le site.
- Au niveau des comités de massif, des rapports de
force nouveaux s'établissent : ainsi le retrait de l'UTN "
Espace Diamant " en Haute Savoie, ainsi le vote d'une motion
hostile au plan gouvernemental de réintroduction d'ours peu
mobilisateur du Comité de massif des Pyrénées
(24 voix pour, 8 contre, 2 abstentions alors que le comité
compte 61 membres).
Perspectives
pour 2005
- Continuer
la veille en matière de législation montagne bien que
les élus de l'ANEM semblent totalement comblés pour
urbaniser et canoniser les stations de ski.
- Saisir
les opportunités de la politique de massif pour remettre en
cause la fuite en avant dans les aménagements, appuyer les
initiatives prenant en compte le maintien de la biodiversité.
- Maintenir
une pression contentieuse sur les équipements gaspilleurs d'espace
et d'énergie, notamment ceux qui découleraient de documents
d'urbanisme manifestement insuffisants en matière de préoccupation
environnementale (carte communale, PLU et SCOT).
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