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Dossier : "Faune de la ripisylve"
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Le castor européen (Castor Fiber)


Description

Photo RN des RamièresRongeur semi-aquatique vivant en Europe et en Amérique du Nord, le castor appartient à la famille des Castoridae.

Il en existe aujourd’hui deux espèces : le castor européen (Castor fiber) et le castor canadien (Castor Canadensis).

Le castor européen peut atteindre un mètre de long pour un poids de 20 à 30 kg.
Sa fourrure est composée de longs poils entre lesquels on trouve un duvet fin, soyeux, abondant et imperméable.

Cet animal se caractérise par des incisives particulièrement développées, à croissance continue et taillées en biseau pour pouvoir ronger les arbres, une mauvaise vue, un bon odorat, une ouïe fine.
Excellent nageur, il peut atteindre une vitesse de 7 km/h et rester 5 minutes sous l'eau sans respirer. Ses pattes arrière lui permettent de bien nager. Ses pattes de devant sont très mobiles et lui servent de mains. Sa queue, en forme de spatule, est recouverte d'écailles. Elle lui sert de gouvernail pendant sa nage en plongée.
Il peut vivre jusqu’à 20 ans.

Situation actuelle de l’espèce

Cette espèce est en réintroduction ou en repeuplement dans plusieurs pays d’Europe.
Le castor est inscrit à l’annexe 3 de la Convention de Berne.
Depuis que cette espèce est totalement protégée, il recolonise à nouveau les forêts riveraines des cours d’eaux.

Répartition

En France, le castor est présent sur le Rhône (Delta du Rhône) et sur la plupart de ses affluents en aval de Lyon. On le retrouve également dans le Nord jusqu’à la Saône et sur certains affluents du Jura.
Plus récemment, depuis les années 1990, le Castor est en expansion sur le bassin-versant de la Loire jusqu’en Loire-Atlantique.

Son milieu de vie est principalement aquatique. La qualité de l'eau n'est pas d'une importance primordiale pour l'espèce, qui s'avère relativement pollurésistante.

Il vit dans une hutte, généralement adossée à la berge, construite avec des branches et de la terre, par laquelle il accède sous l’eau. Mais il peut également élire domicile dans une cavité naturelle.
Il vit en famille sur un territoire déterminé.
Il abat les arbres pour se nourrir de leur feuillage et construire son habitat. Il utilise principalement les arbres à bois tendre.

Mode de vie

Dans tous les milieux habités par le castor, on retrouve deux facteurs constants : l'eau, dont la présence est permanente, et une végétation arborescente riveraine.
La végétation arborescente qu’il préfère est composée de Salicacées et doit être située à moins d'une trentaine de mètres des rives.
Le castor fabrique également des barrages pouvant atteindre jusqu’à 75 mètres de long et plus d’un mètre de haut. Ils sont destinés à retenir l’eau afin que le castor puisse se déplacer librement.
Le castor est herbivore et caecotrophe, ce qui signifie qu’il ravale ses crottes molles.
On évalue à 700 g la quantité d'écorce ingérée en un jour par un individu adulte, ce qui représenterait environ 2 kg de Salicacées.
Le castor est actif du crépuscule à l’aube.

(© RN des Ramières)

RN des Ramières Photo  RN des Ramières
Hutte et barrage de castor

Intérêts de l’espèce

Il possède d’ailleurs un impact écologique incontestable en participant au bon fonctionnement des zones humides.

 


 

La loutre (Lutra lutra)



Photo : M. Barataud

La loutre, dont ont dénombre actuellement en France moins d’un millier d’individus, est un animal protégé depuis 1972 en raison des nombreuses menaces pesant sur sa population.

Ce mammifère, autrefois considéré comme une espèce nuisible, était également chassé pour sa fourrure.
Sa régression, constatée depuis les années 1930, a atteint un seuil critique dans les années 1950.

Actuellement, bien que ce mammifère soit protégé par plusieurs législations, de nombreuses menaces portent atteinte à la vie de cette espèce : dégradation des cours d’eau, des ripisylves, des zones humides, pollutions et collisions routières.

Depuis les années 1980, après avoir subi une forte régression, les effectifs commencent à se reconstituer dans certaines régions. La présence de la Loutre est actuellement recensée sur la façade atlantique, le Massif Central, le Limousin.

Nom : Loutre d’Europe (Lutra Lutra),


(Photo : M. Barataud)
Famille : Mustelidés
Taille :
- Entre 1,20 m et 1,85 m,
- La Longueur du corps varie entre 80 et 140 cm,
- La longueur de la queue de 40 à 45 cm,
- Les mâles sont souvent plus grands que les femelles.

Poids : entre 5 et 12 kg
Longévité maximale : 13 ans
Morphologie révélatrice d’une adaptation au milieu aquatique :
- Pelage épais et imperméable allant du brun au gris clair, pattes courtes et palmées, queue longue, tête plate et museau court adaptés à la vie aquatique.
- Reproduction : maturité sexuelle entre 2 et 3 ans, reproduction toute l’année.
- Portée annuelle de 2 à 3 individus. Durée de gestation : 9 semaines.

On retrouve également cette espèce en Europe du Nord, en Scandinavie, en Afrique du Nord et en Asie.

Habitat

La Loutre élit généralement domicile sur les bords des cours d’eau où la végétation est abondante.
Le domaine vital qu’elle occupe est généralement étendu : entre 20 et 40 km de cours d’eau pour un mâle, entre 5 et 15 km pour une femelle.
Elle vit dans un terrier ou « Catiche », situé généralement sur la berge des cours d’eau par lequel elle accède grâce à une entrée sous-marine.

Régime alimentaire

La Loutre est un carnivore. Sa ration alimentaire qui peut atteindre 15 kg par jour et se compose principalement de poissons, crustacées, mollusques, insectes, rongeurs, grenouilles, oiseaux, et de myrtilles en fin d’été.

La Loutre, une espèce protégée

Au niveau international,
- Elle est classée espèce en danger par l’UICN,
- Elle figure à l’annexe II de la Convention de Berne et aux annexes II et IV de la Directive Habitats de 1992.

Au niveau national,
- Elle a le statut d’espèce protégée depuis l’arrêté du 17 avril 1981 en application de la loi relative à la protection de la nature du 10 juillet 1976.

Les habitats fréquentés et utilisés par la Loutre sont également protégés par le code de l’Environnement (Articles L-411-1, L-411-2 et L-415-3) : la destruction des habitats de la Loutre peut engendrer des poursuites.