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Une gestion respectueuse des Ripisylves
Des Principes généraux

 
La gestion d'une ripisylve fait appel à quelques grands principes à respecter
dans tous les cas :

- Ne pas opposer objectifs écologiques et économiques
- Assurer la sécurité des personnes et des biens
- Un principe de gestion à considérer : la non-intervention
- Assurer la multifonctionnalité des ripisylves
- Définir une gestion appropriée dans un cadre global

Ne pas opposer objectifs écologiques et économiques
   La conciliation entre économie et écologie n'est pas une contrainte. Bien au contraire, c'est le bon fonctionnement écologique des ripisylves qui garantit l'apport de bénéfices sociaux et économiques pour les collectivités.
   Les objectifs écologiques doivent donc être envisagés comme la pierre angulaire des différents services apportés par les ripisylves.
 
-arbres penchés au dessus du cours d'eau- ilôt colonisé-
© FNE, © Diren Centre
   Ils doivent être prioritaires et l'exploitation socio-économique des ripisylves est à envisager, dans la mesure du possible, avec un minimum d'effets négatifs majeurs pour la protection de ces milieux.
Assurer la sécurité des personnes et des biens
-inondation urbaine-
© Agence de l'eau Loire Bretagne
    La sécurité des personnes, des ouvrages et des biens importants est prioritaire. Cependant, les aména-gements doivent être limités dans l'espace, les risques bien évalués et la méthode choisie "douce". Très souvent, les dépenses importantes et les impacts négatifs sur les écosystèmes engendrés par la construction de barrages et autres canalisations consécutives aux inondations catastrophiques, sont en grande partie dus aux erreurs initiales dans l'aménagement du territoire.
Un principe de gestion à considérer : la non-intervention
Comme tout milieu naturel, une ripisylve, si son fonctionnement n'est pas trop perturbé, est capable de s'adapter aux nouvelles conditions du milieu. C'est pourquoi, dans certains cas, la non-intervention peut être préconisée pour la gestion de ce milieu. L'objectif est alors de laisser évoluer le cours d'eau ainsi que les forêts riveraines et les zones humides qui l'entourent selon leurs propres capacités de régénération naturelle.
Tout d'abord, la non-intervention, laissant les milieux évoluer selon leur dynamique spontanée, peut permettre d'améliorer les connaissances scientifiques sur le fonctionnement de ces systèmes et d'ainsi mieux adapter les techniques sylvicoles dans les zones où l'on intervient. Ces milieux constituent par ailleurs d'excellentes zones de sensibilisation du public, afin de montrer la libre expression de la dynamique naturelle. L'autre intérêt de la non-intervention est que les coûts des travaux d'entretien sont quasi nuls.
-bras mort-rhin -
© FNE
   Cependant, malgré les avantages de la non-intervention, ce mode de gestion est à proscrire en présence d'importants ouvrages d'art et d'habitations afin d'assurer la sécurité des biens et des personnes. La non-intervention est également à moduler en fonction des dimensions de la ripisylves et des dimensions du cours d'eau. En effet, plus la ripisylve sera large et moins les terrains seront vulnérables aux crues (rôle tampon).
Et plus le cours d'eau sera large et moins le risque d'encombrement par la végétation vivante ou morte sera important.
La gestion d'une forêt riveraine peut donc être "sectorisée" en fonction du degré d'emprise humaine ainsi que de la taille de la ripisylve et du cours d'eau. Ainsi, une forêt riveraine se situant dans une zone fortement urbanisée nécessitera plus d'interventions. Par contre, la non-intervention est envisageable dans les secteurs sans enjeux de protection des biens et des personnes.
Le principe de non-intervention ne peut s'appliquer que si la dynamique fluviale n'est pas trop perturbée. Cette dynamique permet un rajeunissement progressif et continu de la ripisylve, évitant du coup un vieillissement généralisé du milieu. Cela limite la création d'embâcles à grande échelle et donc l'entretien régulier du cours d'eau et des ses abords. Si la dynamique fluviale n'existe pas ou est très fortement perturbée, l'objectif principal et prioritaire de la gestion consistera à la rétablir ou, si cela est impossible, à la compenser.
Assurer la multifonctionnalité des ripisylves
La gestion des ripisylves doit prendre en considération la multifonctionnalité de ces écosystèmes. Au point de vue écologique, la gestion doit concerner la fonction épuratoire des forêts riveraines, ainsi que la fonctionnalité et la biodiversité de ces écosystèmes. Cela sous-entend que la conservation ou la recréation de conditions d'inondation est essentielle. Les forêts riveraines doivent affirmer leurs fonctions économiques : les espaces boisés doivent contribuer activement à produire une eau en qualité et en quantité suffisante, de manière continue. La forêt doit être conçue comme créatrice de valeur ajoutée, les richesses qu'elle crée (bois d'œuvre ou de chauffage, eau, paysage…) étant le moteur de l'économie locale.
 
-moutons solognots et gestion ripisylve -
© jl pratz
Toutes ces fonctions doivent se réaliser en interface avec l'agriculture et l'eau. Au sein des espaces agricoles, les espaces boisés que constituent les forêts riveraines, tout comme les haies et les bosquets, permettent une continuité biologique (couloir biologique) tout en assurant d'autres fonctions essentielles en terme de gestion de l'eau, de protection des sols ou de qualité du paysage.
Définir une gestion appropriée dans un cadre global
La gestion des ripisylves est à envisager dans un cadre global pour assurer leur multifonctionnalité, en favorisant les objectifs écologiques qui garantissent le maintien des fonctions socio-économiques de ces milieux.
Mais, la gestion spécifique d'une ripisylve donnée prend en compte un grand nombre de facteurs : conditions physiques du milieu, objectifs des propriétaires, état de la forêt alluviale, besoins de la société…Une fonction peut être intacte tandis qu'une autre est à maintenir, à favoriser ou à rétablir ; de plus, les besoins économiques ou sociaux peuvent entrer en ligne de compte. La gestion doit donc être menée au cas par cas, en fonction de l'état du système et des besoins.
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-Frêne- Source : CommeVousVoulez
-Frêne- Source :  FNE -CommeVousVoulez